La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Ce roman a été un best seller il y a quelques années. Je ne l’avais pas lu à l’époque, alors quand je l’ai vu dans une boite à livre (en grand format qui plus est !) je me suis précipitée dessus. J’en avais entendu beaucoup de bien. De nouvelles critiques dithyrambiques sur instagram, lorsque j’ai posté la photo de ma nouvelle lecture, me promettaient un très bon moment de lecture…  mais autant vous le dire dès maintenant : j’ai été extrêmement déçue !

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Lorsque son professeur, ami et mentor, l’écrivain Harry Quebert est accusé du meurtre d’une jeune fille, Marcus quitte New York et son bureau dans lequel il ne parvient pas à écrire son second roman, pour aller enquêter et disculper celui qu’il ne peut imaginer être coupable.

Mon avis : J’avoue ne pas comprendre l’engouement suscité par ce roman. Si c’est un bon thriller à lire sur une plage l’été, ça s’arrête là. Je trouve que la pauvreté du style littéraire fait qu’il ne mérite pas ses nombreuses récompenses. L’emploi abusif du passé simple à la 1ere personne du pluriel donne une impression d’immaturité au texte.

Nous reprîmes toute l’enquête depuis le début : nous relûmes les rapports de police, nous étudiâmes les déclarations de tous les témoins de l’époque. Nous dessinâmes une carte d’Aurora et des environs, et nous calculâmes toutes les distances, de la maison des Kellergan à Goose Cove…

La vérité sur l’affaire Harry Quebert, p. 400

Pour un livre qui glose sur le métier d’écrivain, c’est quand même fâcheux il me semble…

Par ailleurs j’ai trouvé que la relation entre Harry et Nola, qui est sensée représenter l’amour avec un grand A, était plutôt digne d’une amourette de la collection Harlequin.

-Laissez-moi, Harry… Laissez-moi ou j’appelle les infirmières.
– Nola, je ne peux pas te laisser….
-Vous avez été si méchant, Harry. Je ne veux pas vous voir. Vous voir me cause du chagrin. A cause de vous, j’ai voulu mourir.
– Pardonne moi, Nola…
– Je ne vous pardonnerez que si vous voulez de moi. Sinon, laissez-moi tranquille.
Elle le fixa dans les yeux; il eut un air triste et coupable et elle ne put s’empêcher de lui sourire.
– Oh, Harry chéri, ne faites pas cette tête de chien malheureux. Promettez-vous de n’être plus jamais méchant ?
– Je le promets

La vérité sur l’affaire Harry Quebert, p. 253

Mais malgré tout je n’ai pas abandonné ma lecture car on peut y trouver son compte en se laissant prendre par l’enquête, par l’ambiance américaine des années 70, par les rebondissements etc.

Dicker, Joël. La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. Editions de Fallois/ L’Age d’Homme, 2012. 664 p.
ISBN : 978-2-87706-816-1

Prix : 22€

D’autres avis:

L’émission le masque et la plume du 9 décembre 2012 sur France Inter ( de la 25e min à 40) 

 

{Challenge 12 mois 12 genres} Promesses aveugles d’Audrey Magee

51sjrcrvehl-_sx195_Durant la seconde guerre mondiale, Katharina, une jeune allemande, épouse un soldat qu’elle ne connait pas. Cet arrangement va permettre à Peter d’obtenir une permission de 10 jours et à Katharina d’obtenir sa pension en cas de mort au combat. Mais leur histoire va bien au delà de ça. L’un et l’autre tombent amoureux et cette passion va les porter et redonner du sens à la vie alors que la guerre et ses violences se déchainent.

Mon avis : J’ai trouvé ce roman brutal et violent. L’absurdité de la guerre y est décrite sans concession. Pourtant je ne l’ai pas lâché, portée par une écriture souple et agréable, seule solution pour supporter la dureté des propos. Mais ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman historique, c’est d’avoir un point de vue allemand sur la guerre. A part Swing à Berlin, dans un tout autre registre, je n’avais jamais lu de roman traitant de cette période du point de vue allemand.
J’ai trouvé très juste le personnage de Katharina, jeune bourgeoise berlinoise, tiraillée entre l’écœurement que lui évoque les spoliations nazies et les opportunités que cela lui apporte. Peter, lui, veut croire en la justice de la guerre et à la grandeur de l’Allemagne, raisons pour lui de supporter le combat, les privations, la violence. Mais très vite ces raisons ne sont plus suffisantes et ne lui permettent plus de supporter tout cela. Seul l’amour qu’il porte à Katharina, qu’il n’a vu que 10 jours dans sa vie, arrivera à lui donner du courage pour survivre face à l’horreur.

Magee, Audrey. Promesses aveugles. Plon, 2015. 300p. (Feux croisés)
ISBN-13: 978-2259221832

Prix : 20€90

lu dans le cadre du challenge 12 mois/12 genres
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D’autres avis :

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La mélodie des tuyaux de Benjamin Lacombe {Challenge album}

Aujourd’hui je vous présente un gros coup de coeur. C’est un très bel album de Benjamin Lacombe

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Alexandre a 13 ans et vit dans une ville rythmée par les bruits de l’usine qui emploie la plupart des habitants. A son tours bientôt il ira y travailler. En attendant il va à l’école et rêve en regardant par la fenêtre. Un jour, une troupe de forains Andalous débarque dans la ville. En plus d’y apporter le spectacle et la gaieté, ces gitans vont faire découvrir à Alexandre deux choses qui vont bouleverser sa vie : la musique et l’amour.

Mon avis : Cet album est une pure merveille ! Je l’ai tellement aimé que comme le font les enfants je l’ai écouté plusieurs fois de suite. Oui « écouté » car même si l’album est déjà magnifique en lui-même avec les illustrations de Benjamin Lacombe, il est en plus accompagné d’un CD sur lequel le conte est narré par Olivia Ruiz. La musique andalouse nous entraine et nul ne peut résister à l’envie irrépressible de l’accompagner en tapotant du pied ou en chantonnant. Les effets sonores qui accompagnent la narration sont discrets et mettent en valeur l’histoire sans étouffer le récit.
Le seul petit bémol que je mettrais concernerait un petit défaut technique. A chaque nouvelle piste la voix de la conteuse est très faible avant d’arriver à un niveau sonore de croisière. C’est dommage mais pas très important.

Je n’ai parlé pour l’instant que du CD alors que l’album en lui-même est déjà une telle œuvre d’art qu’il aurait pu se suffire à lui-même. Le format généreux offre une qualité d’immersion  dans l’image qui est très appréciable. L’univers du cirque est un univers qui me séduit mais après être passée entre les mains de Benjamin Lacombe c’est encore plus beau. On se retient de ne pas découper les pages afin de les afficher aux murs ! C’est tendre, onirique, chargé d’émotions. Bref je suis vraiment sous le charme. Je recommande chaudement la lecture, l’écoute, la contemplation de ce conte musical. Achetez-le, offrez-le, il fera des heureux !

LACOMBE, Benjamin. La mélodie des tuyaux. Seuil jeunesse, 2009. 40 p.
ISBN : 978-2021001525

Prix : 25.50 €

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Challenge Je lis aussi des albums #6/20

Retrouver mes autres chroniques du challenge

#1/20 Demain les rêves

#2/20 Bons baisers ratés de Paris

#3/20 Tralali la musique des petits bruits

#4/20 En t’attendant

#5/20 Scarlett la biquette

Pour en savoir plus sur l’album et son auteur :

Le site de Benjamin Lacombe

Le blog de Benjamin Lacombe

Le site de l’éditeur

L’avis des blogueurs :

La world coolture

Lecture&Cie

La lectrice dyslexique

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais

Tatiana et Eugène se sont rencontrés quand ils étaient adolescents. Folle amoureuse de lui, Tatiana lui déclare sa flamme mais se fait éconduire par un Eugène nihiliste et déjà désabusé. Dix ans plus tard, ils se rencontrent par hasard dans le métro parisien. Tous les deux ont beaucoup changé mais la petite flamme du passé reprend de la vigueur.

Une réécriture du roman Eugène Onéguine d’A. Pouchkine et de le l’opéra de Piotr Tchaïkovski.

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Mon avis : Je suis souvent déçue quand je lis un livre dont je n’ai pas arrêté d’entendre que des bonnes critiques. Et bien là, ce n’est pas du tout le cas ! C’est pour moi aussi un véritable coup de cœur. J’ai adoré ce roman en vers. Clémentine Beauvais s’amuse avec les mots, les phrases. La forme est totalement au service d fond. Une mélodie, un rythme se créent et nous emportent de page en page. C’est beau, c’est doux, c’est tragique, c’est romantique, c’est théâtral, c’est poétique, c’est rare. J’ai aimé ce narrateur qui rappelle le chœur antique.

Beauvais, Clémentine. Songe à la douceur. Sarbacane, 2016. 240 p.
ISBN : 2848659084

Prix : 15.50 €

Pour en savoir plus sur l’auteur : son site

Pour en savoir plus sur l’éditeur : Sarbacane

Autre livre lu de cette auteur : Les petites reines

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Les gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin

Drôle d’objet que l’on tient dans ses mains lorsque l’on achète ce livre. On ne peut pas franchement parler de roman, plutôt le résultat d’un projet ou d’une expérience. 51y5-cv4k9l-_sx195_

Une journaliste-écrivaine, Isabelle Monnin, a acheté un jour sur E-Bay un lot de 250 photos d’une famille inconnue. A partir de là son projet s’installe. Il se divise en quatre parties :

  • Elle écrit d’abord une fiction à partir de ce qu’elle imagine en voyant les photos. Le récit est assez court et prend le parti de suivre les 3 générations de femmes qui composent cette famille.
  • Elle nous dévoile après une sélection d’une vingtaine de photos.
  • Vient ensuite la partie « enquête ». Tel un journal de bord, Isabelle Monnin raconte comment elle s’y est prise pour retrouver les « vrais gens », comment elle est entrée en contact avec eux pour découvrir qui ils sont réellement, ou en tout cas se défend-elle, d’entrapercevoir l’enveloppe qu’ils ont bien voulu lui laisser voir.
  • Et pour finir il y a un album à télécharger avec des chansons composées par Alex Beaupain.

Voilà tout ce que comprend ce livre. Et c’est beaucoup ! Je me sentais un peu déconcertée au début. Je ne savais pas s’il fallait être linéaire ou si on avait « le droit » d’aller voir les autres parties en même temps. S’il fallait se référer aux photos durant le récit, ou si au contraire il ne fallait les dévoiler qu’après la lecture. Si l’album était une bande son à écouter en même temps que la lecture ou si c’était une autre partie indépendante à écouter à part. Du coup j’ai commencé par aller chercher des avis et des interviews sur internet, pour finalement me laisser porter par ce qu’elle nous proposait.

A mes yeux, mais j’ai pu constater que les avis était très divergents sur la question, la partie fiction était la plus intéressante. Pourtant le style très particulier, notamment l’usage peu conventionnel de la ponctuation, m’a un peu rebuté au début. Mais j’ai trouvé l’enquête vraiment trop longue. Je me suis pour la plupart du temps ennuyée. Je crois qu’au final, si le projet était séduisant, le résultat me laisse un peu sur ma faim. J’aurai aimé que ce soit un travail plus littéraire. Là, on ne parvient pas à transcender le particulier pour aller vers l’universel. Je ne doute pas que cette expérience fut fantastique aussi bien pour l’auteur que pour la famille, qu’elle fut enrichissante, qu’Isabelle Monnin a autant appris sur elle que sur cette famille. D’ailleurs elle le dit à plusieurs reprise. Elle se reconnait en eux. Cette famille aurait pu être sa famille. Mais pas moi.

Je crois que j’aurais apprécié que l’ensemble soit un roman. Qu’on nous narre l’histoire d’une écrivaine qui pour se trouver invente l’histoire d’une famille à partir de photo, puis qu’elle les rencontre pour de vrai. Mais tout ça sous couvert de fiction et d’un projet littéraire.

Livre numérique intéractif – A ma recherche de Constance Reyner

Je suis tombée sur ce petit livre numérique un peu par hasard en naviguant sur Google Play. Je n’avais jamais lu de livre numérique et je n’en avais même pas l’intention. Mais n’ayant pas de lecture en cours à ce moment là, je me suis laissée séduire par l’illustration de la « couverture » et par le coté interactif (et aussi parce que c’était gratuit !)

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Nous suivons la vie d’India, une adolescente brillante qui s’apprête à passer son bac. Elle a une vie tranquille et tout semble lui réussir. Elle a des parents aimants et attentifs bien que très pris par leur travail, un garçon mignon lui tourne autour, elle est capitaine de l’équipe de handball, elle a beaucoup d’amis etc. Mais tout cela ne l’empêche pas de se poser beaucoup de questions sur elle, sur ce qu’elle veut faire plus tard, sur qui elle est vraiment…

Mon avis : Il s’agit d’un roman interactif « dont vous êtes le héros ». Mais contrairement aux romans interactifs que je connaissais déjà, il ne s’agit pas ici d’un livre d’aventure mais plutôt d’une romance, ou mieux de ce qu’on peut appeler un « roman-miroir ». Il ne faudra pas choisir entre tuer un dragon ou tenter de l’apprivoiser. Là, il s’agira de se mettre dans la peau d’une adolescente qui est à une époque charnière de sa vie, qui doit faire des choix pour son avenir mais qui pour cela a d’abord besoin de se connaitre elle-même.

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La lecture était très agréable. Elle prend de la profondeur au fur et à mesure de son avancée et les choix proposés deviennent alors plus intéressants. Il faudrait le relire en faisant d’autres choix pour voir à quel point l’histoire évolue en fonction de ce qu’on décide pour India. Je pense que ce roman intéresserait beaucoup les élèves de fin de collège ou début lycée.

Pour une première expérience de lecture numérique je suis plutôt conquise, mais grâce au coté interactif qui donne une vraie raison à cet outil.

A retrouver sur GooglePlay en cliquant ici

MOOC Il était une fois la littérature jeunesse

Un petit article aujourd’hui pour vous conseiller un MOOC qui a commencé hier :

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Pour ceux qui ne connaissent pas encore le principe des Mooc, ce sont des massive open online course, autrement dit une formation en ligne massive et ouverte à tous. Les cours sont proposés par des universités et des grandes écoles. Ils sont dispensés par des spécialistes reconnus dans leur domaine (doctorant, maitre de conférence, journalistes spécialisés, etc.) Tout le monde peut s’y inscrire sans préalable et la plupart des MOOC sont gratuits. A raison d’un module mis en ligne toutes les semaines, chacun est libre de suivre le cours quand cela lui convient le mieux. Si vous suivez sérieusement le MOOC et participez aux évaluations, vous recevrez un certificat d’assiduité ou de réussite reconnu par les institutions.

En ce qui concerne ce MOOC de littérature jeunesse, le premier cours a commencé hier et c’est parti pour une durée de 6 semaines. Mais il est encore possible de s’y inscrire jusqu’au 22 Avril.

Je ne peux que vous le conseiller au vu de sa grande qualité. Le cours est très riche et très dense (j’ai déjà pris 5 feuilles de notes !) Je ne l’ai pas fait d’une seule traite mais je pense que j’ai passé plus de 2 heures à faire l’intégralité du module qui est composé de vidéos, de micro-trottoir, d’une interview et d’un quizz final.

Si vous pensez ne pas avoir le temps ou si cela vous effraie un peu, rien ne vous empêche de vous inscrire quand même et de regarder les cours plus tard (dans leur intégralité ou non !), ils restent accessibles en archives. Juste vous n’aurez pas la certification si vous le finissez après la date de clôture (le 10 mai 2017) mais franchement ce n’est pas ce qu’il y a de plus important, du moment que vous avez appris des choses intéressantes…

J’espère vous avoir donné envie. La littérature jeunesse est encore très souvent méprisée, alors quand des universitaires s’y intéressent je pense que ça vaut le coup d’aller voir ce qu’ils en disent ! (Et si malgré tout vous n’êtes pas convaincu, ce MOOC est proposé par l’université de Liège… donc les intervenants sont Belges… donc ils ont un chouette accent… donc ils disent septante et nonante… non ? toujours pas ??)

Pour plus d’informations voici le lien vers lequel vous pouvez vous inscrire et où vous trouverez toutes les réponses à vos questions :

Plateforme fun – MOOC littérature jeunesse

Bon MOOC à vous 😉